Développement
L'association pour une informatique accessible aux aveugles et mal voyants souhaite, à terme, le développement d'un ou plusieurs logiciels d'accessibilité équivalent aux excellents standards commerciaux actuellement utilisés à titre privé ou professionnel par tous les déficients visuels qui travaillent, correspondent ou surfent avec un PC.
L'ennui, c'est que ces logiciels commerciaux sont extrêmement coûteux.
En conséquence, le monde du handicap visuel ne s'ouvre qu'avec difficulté aux nouvelles technologies de l'information. Pensez qu'un ordinateur adapté au handicap visuel ne coûte rien de plus qu'un ordinateur standard si l'utilisateur a choisi de connaître son clavier par coeur. S'il préfère travailler en braille, cela nécessite le remplacement du clavier par une console braille et un logiciel adapté, soit un minimum de 4.000€ rien que pour cet accessoire.
S'il se contente du clavier
standard, donc, il lui suffira de s'équiper d'un logiciel de
reconnaissance vocale, c'est-à-dire d'un équipement capable de traduire
en voix de synthèse le contenu des informations affichées sur l'écran.
Ce type de logiciel coûte plus de 1.000€ ; le plus répandu - JAWS-
coûte à lui seul au minimum 1595€ ! Et il faut compter quelques
accessoires supplémentaires, soit une voix de synthèse de qualité, pour
ceux qui passent des heures à l'écoute de leur ordinateur, soit des
logiciels adaptés et compatibles avec leur reconnaissance vocale.
Car le meilleur des logiciels - JAWS ou HALL - ne reconnaît que les
logiciels les plus courants. Il
faut donc trouver des adaptations ou bien s'en passer.
Pour en revenir au prix, on évalue que, en moyenne, un ordinateur
adapté au handicap visuel coûte un surplus de près de 2.500€, soit 2 à
4 fois le prix de l'ordinateur (moyen ou bas de gamme) standard plus
ses logiciels de base.
Ceci justifie l'intention de l'association de contribuer au
développement d'un logiciel alternatif, de conception libre, et
distribué non pas commercialement mais dans un but social et
associatif, afin d'aider les handicapés visuels à suivre le niveau de
développement technologique de la moyenne de la population (en France :
53% de la population est connectée à Internet, pour seulement 1,5% des
aveugles et mal voyants).
Cette volonté devrait être écoutée par les autorités publiques et le
monde du patronat puisque, depuis la loi sur le handicap du 28 février
2005, les employeurs ont l'obligation d'accueillir un quota de
travailleurs handicapés.
Sachant que les travailleurs potentiels aveugles et mal voyants en
France représentent environ 400.000 personnes, dont la moitié pourrait
travailler sur un poste informatisé, on imagine l'économie au niveau
patronal : 200.000 personnes à 2.500€ de coût d'adaptation du matériel
(estimation), soit 500 millions d'Euros.
IAAMV formule le souhait que les futurs logiciels d'assistances ne se
vendront pas, sinon à prix "plancher". Le coût de
développement sera "racheté" par les économies que la collectivité fera
à l'échelon national. L'accès à un ordinateur permettra aux
utilisateurs malvoyants de réintégrer les relations sociales et
professionnelles de l'ensemble de la population, ils redeviennent ainsi
des partenaires actifs dans l'économie du pays, et dépendent moins de
soutiens financiers privés ou publics.
@ntigOOne est le
nom du projet de support technique et de formation pour l'usage de ces
logiciels.
